Dimanche.
Je hais le dimanche.
Impossible de m'y mettre. Mon agenda est ouvert depuis ce matin sur mon bureau, et pourtant je n'arrive pas à trouver ni le courage ni l'énergie suffisante pour gratter. Vicieux profs qu'ils sont. Le week-end, c'est le weekend, et on n'a pas tous la chance de partir à Londres prendre l'air.
Aujourd'hui et comme tous les jours d'ailleurs, j'ai la flemme.
Rocking the Casbah joue en bruit de fond, et je reste figée devant mon écran, songeant à ce que je vais écrire ensuite.
Jacques Prévert disait qu'il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple.
Peut-être qu'il avait raison ce con. Peut-être que les gens heureux ne le sont qu'en apparence et jouent un jeu par pure raison, pour le souci des autres. Allons savoir.
Je ne sais pas quoi écrire. J'aligne quelques mots et puis je les efface. Ce que je dis est con, ce que je pense est puérile. Je croyais aux contes de fées et maintenant que je sais que ce ne sont que mensonges, je les hais. Le pire est à venir, et comme dit Pierre Dac, l'avenir n'est que du passé en préparation. Alors c'est ça. Je vis dans le passé, et même l'avenir est du passé futur... Tu parles de déprime.
Et voilà, encore une fois je divague. Impossible de me concentrer sur un sujet, j'ai envie de Rock the Casbah mais je suis enfermée entre ces quatres murs dans ce monde d'hypocrites. Il faut tout agrandir. La crise économique traduit un malaise mondial tout comme le malaise parental traduit une crise familiale. C'est bien triste. Et ce dimanche aussi l'est.
Dehors, le soleil en a marre de veiller sur nous et s'en va. Les oiseaux aussi se sont cachés, et tout ce qui reste est cette longue liste de travail-non fait qui trône sur mon bureau comme une promesse de défaite. Je sais pas comment elle fait, elle. Passer ses journées à jouer à des jeux de société, utiliser ses minutes précieuses à englutir encore et encore des mots, des phrases qui pour moi n'ont pas plus de sens que l'amour.
Renard disait que si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente. Parsemée de hasards, peut-être, ou plutôt de rendez-vous, d'après Eluard. Beaucoup de rendez-vous alors, et beaucoup de crapauds. Décidemment, ces contes de fées nous vouent au malheur.
Comme Sartre, je suis une enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets. Un vrai monstre, et comme toute bête, un monstre envie toute belle.. C'est bien dommage.
Je voulais écrire ce que me passait par la tête. Je ne voulais pas, justement, chercher les mots pour créer une histoire, une allégorie de la beauté. Non, il y en a d'autres qui veulent ça, mais pas moi, pas aujourd'hui, pas maintenant que je connais ces défauts.
Malheureusement, on n'a pas toujours ce qu'on veut, et encore une fois, c'est raté.
Tiens! Trop de citation tue la citation?